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Zoom sur le sommeil des HPI

Zoom sur le sommeil des HPI

Vaste programme...

Tout le monde peut se plaindre de problèmes de sommeil (stress chronique, anxiété, ruminations mentales, insomnie...). Le souci chez les HPI c'est que, comme le reste, les problèmes de sommeil sont...plus forts!

 

Que se passe-t-il dans leur têtes quand arrive l'heure de se coucher? Pourquoi compter les moutons ne sert à rien?


Leur plus grande excitabilité, l'hyperactivité pour certains, une réaction émotionnelle vive, l’hyper vigilance permanente, l'anxiété ainsi qu'un cerveau qui ne se met jamais en pause (surtout quand il décide de carburer à son maximum au moment de se coucher), cette capacité hors du commun à se poser des questions sans réponses, sont autant de facteurs supplémentaires à un sommeil perturbé.

 

Une étude du Dr Olivier Revol et de son équipe (pédopsychiatre spécialisé dans l'accompagnement des HPI au CHU de Lyon) montre que les HPI ne dorment ni plus ni moins que les autres mais que leur sommeil est qualitativement différent.

Petit point sur le sommeil:

Voici les différentes phases par lesquelles nous passons lors d'un cycle de sommeil normal:

  1. La phase 1 dure quelques minutes et correspond à l'endormissement. Nous pouvons encore entendre des bruits légers, les yeux bougent, les muscles sont mobiles.
  2. La phase 2 est une phase de sommeil léger. Les yeux ne bougent plus mais la personne peut encore percevoir des bruits provenant de l'environnement.
  3. Lors de la phase 3, le sommeil profond s'installe. L'activité cérébrale ralentit, les muscles sont libres.
  4. La phase 4 correspond au sommeil profond. Le cerveau, les muscles et tout l'organisme est au repos. C'est la phase de récupération, très importante pour récupérer de la fatigue physique et se remettre en cas de maladie.
  5. La phase 5 correspond au sommeil paradoxal. Les yeux bougent, l'EEG montre une plus grande activité cérébrale mais les muscles sont paralysés (cette phase correspond à 20% du sommeil d'un adulte normal.

Le sommeil paradoxal:

Il favorise la plasticité cérébrale: apprentissages, nouvelles connexions neuronales, réparation des lésions, facilite la mémorisation. C'est pendant cette phase que nous traitons les données de la journée et que nous pouvons les mémoriser. D'où l'intérêt de réviser ses leçons avant de se coucher...

Cependant, pendant cette même phase, la sérotonine est inhibée. Cette hormone régule notre humeur, la douleur, le sommeil et l'appétit. 

Un déficit de sérotonine est responsable de:

  • Déprime au réveil
  • Peut aggraver un état dépressif
  • Serait à l'origine d'allergies multiples, de douleurs inflammatoires diverses, de maladies auto-immunes...
  • Peut également provoquer des troubles du sommeil: difficultés d'endormissements, réveil difficile avec fatigue et/ou mauvaise humeur, nuits courtes et/ou agitées.

Les phases de sommeil paradoxal durent plus longtemps chez les nouveaux nés. elles diminuent ensuite vers 10 ou 12 mois, sauf chez les HPI (bien entendu). Nombreux sont les HPI qui se plaignent de difficultés d'endormissements et/ou de réveil difficile avec la sensation désagréable de se réveiller plus fatigués que la veille.

Alors, que se passe-t-il chez les HPI?

  • Les cycles de sommeil sont moins longs (70 min pour un HPI contre 90 min pour les autres)
  • La phase de sommeil paradoxal dure plus longtemps (donc moins de temps pour le sommeil profond qui nous permet de récupérer)
  • Le passage en phase de sommeil paradoxal est beaucoup plus rapide (parfois même directement après la phase d'endormissement)
  • Et nous pouvons voir 2 fois plus de mouvements oculaires au repos, cela signifie que la mémoire est plus performante et qu'il y a beaucoup plus d'informations traitées.

En conclusion, nous récupérons moins bien que les autres puisque notre phase de sommeil profond est plus courte (voire inexistante parfois) pour laisser place à plus de sommeil paradoxal.

 

Ce sommeil paradoxal plus long nous permet d'avoir une mémoire d'éléphant et une excellente plasticité cérébrale mais, revers de la médaille, on se réveille crevé, de mauvais poil et allergiques à tout ce qui passe.

 

De plus, les HPI, qui ont un seuil de stimulation plus bas que la "norme", sont, de nature, des profils anxieux et angoissés.

Ces stimulations, qui créent de l'anxiété, vont déclencher la sécrétion de Cortisol (hormone du stress) dans le corps.

La production de cortisol entraîne des effets susceptibles de se prolonger plusieurs heures voire plusieurs jours dans le corps (5 min de sécrétion de cortisol = 2 h pour l'évacuer).

 

Plus la teneur en cortisol est élevée, moins on dort... et moins on dort, plus on produit de cortisol.

Plus on est effrayé dans la journée, moins on dort et ainsi de suite. C'est le serpent qui se mord la queue, nous voilà bien.

 

"Lorsque les troubles du sommeil apparaissent dès l'enfance, ils risquent de se perpétuer. Un enfant déjà hypersensible deviendra un adulte d'une sensibilité quasi intolérable. C'est pourquoi le sommeil est d'or" Elaine A.Aron

Parlons-en des enfants HPI...

Les enfants ne dérogent pas à la règle, la qualité de sommeil décrite ci-dessus est déjà de cet acabit dès la naissance.

 

Ce qui nous donne des soirées plutôt épiques dans les foyers de zèbres. 

Certains n'ont jamais fait de sieste (ou très peu) et ne s'endorment pas avant 23h, qu'il y ait école le lendemain ou pas. Ils sont en quête de stratagèmes plus ou moins farfelus afin de repousser l'échéance du coucher le plus tard possible.

 

Papa et maman sont au bord de l'épuisement (ou de l'explosion) mais c'est plus fort qu'eux!

Coucher un enfant HPI à 20h dernier délai parce qu'il y a école le lendemain, comme dans le trois quart des familles, est une douce utopie...et tout les soirs, chers parents, vous avez cette tête là:

Plusieurs facteurs entrent chez zébrillon:

  • L'anxiété et l'hyper vigilance ressentis dans la journée à l'école est trop forte et n'est pas encore descendue (le fameux cortisol qui met un temps fou à disparaître de l'organisme)
  • C'est à l'heure du coucher que les questions les plus existentielles arrivent. Il y a moins de distraction, donc le cerveau à tout le loisir de pédaler
  • La peur du vide: justement, il y a moins de distractions et la peur de se retrouver seul avec son cerveau en ébullition est intolérable (et inconsciente)
  • Les peurs irrationnelles sont fortes chez ses enfants (peur d'une intrusion dans la maison, peur du noir, peur des monstres...)
  • Ruminations extrêmes parce qu'il y a eu un événement désagréable dans la journée. Cet événement prend toute la place dans l'esprit, créé du stress et donc du cortisol...et la machine à penser est en marche!

Cette liste n'est pas exhaustive, mais comprenez bien que, même si zébrillon vous sort par les yeux parce que cela fait trois fois qu'il vous demande un verre d'eau, encore un câlin alors qu'il est 23h, qu'il n'a pas assez de lumière, et patati et patata, ce n'est pas pour vous embêter...

C'est son moyen à lui de calmer son angoisse et ses pensées.

Qu'est-ce qu'on fait?

Pour que ces enfants dorment bien, il est nécessaire de faire baisser la pression de la journée. Cela peut être en échangeant après l'école sur ce qui s'est passé dans la journée et le laisser se livrer et vous confier ce qui le tracasse, sans jugement, sans le couper.

Il pourra ainsi décharger une partie de ce qui l'angoisse et fera un peu de place ans son cerveau. On peut aussi utiliser la méthode de la "météo intérieure" (qui fera l'objet d'une fiche outil dans très peu de temps ).

 

Ensuite, les rituels les rassurent. Les HP n'aiment pas trop le changement et aiment pouvoir anticiper les choses, y être préparé. Savoir qu'après le repas, on se brosse les dents, on met son pyjama, on lit une histoire, on fait trois câlins et une chanson est sécurisant. Le cadre est clair et les apaise.

Il peut être long et fastidieux de trouver son propre rituel, mais une fois qu'on l'a, c'est la délivrance.

 

Comprendre qu'ils ont un rythme de sommeil différent doit vous permettre de lâcher prise sur leur "quota de sommeil". Effectivement, le sommeil est très important, mais le leur n'est pas le même que celui des copains. Donc déculpabilisez de dire que votre enfant ne se couche pas avant 22 ou 23h, plus vous lutterez contre, pire se sera.

 

Pour les grands, c'est pareil. Déchargez ce qui vous angoisse dans la journée avec la CNV par exemple ou identifiez vos émotions et l'action à mettre en place par la méditation, la relaxation, le yoga....trouvez l'outil qui vous parle et qui vous fait du bien.

 

Les élixirs floraux peuvent être aussi de précieux alliés:

  • La camomille pour les personnes agitées qui ont d mal à relâcher leurs émotions. Favorise l'équilibre mental
  • La valériane calme et apaise les personnes qui se sentent écrasées par trop de responsabilités. Favorise le relâchement des émotions et le calme mental en fin de journée;
  • Le marronnier blanc pour éviter les ruminations mentales, les pensées obsessionnelles (le petit vélo dans la tête).
  • La lavande calme et apaise les personnes sensibles et fragiles

Pour nous endormir, dormir et nous rendormir, nous devons nous sentir en sécurité dans le monde...

 

Faîtes de beaux rêves

 

Amicalement zébrée,

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Commentaires: 5
  • #1

    lu (lundi, 27 janvier 2020 15:01)

    Moi j'étais comme ca aussi et ma maman a trouvé une parade
    Quand j'arrivais pas a dormir elle m'a toujours dis que ce n'était pas grave si je dormais pas mais que mon corps avait lui aussi besoin de se reposer, donc ca m'enlevait le stress de "devoir" dormir mais je au moins mon corps se reposait et je finissais par m'endormir toute seule le plus souvent.
    Quand meme ca ne fonctionnait pas (souvent le dimanche soir avant de reprendre l’école) elle se couchait avec moi dans mon lit jusqu'a ce que je m'endorme et ca ca fonctionnait super bien. Ca rassure d'avoir sa maman avec soit qui fait un calin.
    J'avais aussi une bougie (dans un bocal en verre coloré) dans la piece loin de mon lit qu'elle venait eteindre quand elle meme allait se coucher, c'est joli et apaisant.
    J'espere que ces petites techniques pourront aider.

  • #2

    Lo (vendredi, 13 mars 2020 04:32)

    Il se pourrait que je sois une zèbre pas reconnue et du coup je tape sur Google des faits qui m'arrive et je tombe sur des analyses pour Zèbre.

    Je me retrouve complètement sur tout les points énoncés précédemment .

    J'avais néanmoins une question: souvent lors d'une formation importante, d'un apprentissage important . Je rêve le soir même ou plus le lendemain de toute la procédure, je remets tout en pratique dans mon rêve de manière détaillée et cela au réveil est acté dans mon cerveau comme si c'était une donnée validée et sauvegardée. Est-ce que cela fait partie du fonctionnement d'un zèbre ?

  • #3

    Sos somnambulisme (dimanche, 14 juin 2020 00:58)

    Bonsoir je reviens des urgences avec mon fils de 12 ans pensant qu il avait pris des cachets pour faire une connerie. Mais non ,somnambule. Aidez moi svp

  • #4

    La Compagnie des zébrés (lundi, 15 juin 2020 15:39)

    Merci pour vos témoignages!

    Si vous souhaitez de l'aide ou des conseils, n'hésitez pas à utiliser le formulaire de contact, nous prendrons le temps de vous répondre...

  • #5

    BLANC (jeudi, 18 juin 2020 22:20)

    Bonsoir
    Mon fils a bientôt 3 ans et demi. Suivi par un pedopsy et une psychomotricienne depuis peu. Nous sommes au bout du bout lorsque vient le moment du coucher qu il ne dorme pas c est une chose nous le l empechons pas de jouer dans son lit mais il en sort 10 ou 20 fois par soirées ça fait plus de 6 mois que ça dure et nous n avons plus un seul moment a deux. Cela nous pèse énormément nous avons tout testé (fermeté, laxisme, punition, un pschitt anti monstre, un réveil qui dit qu il faut faire dodo ...)
    C est très difficile pour nous, nous ne savons plus quoi faire et perdons patience régulièrement ...Merci pour votre aide !